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Nutrition, poids, et sommeil

Privation de sommeil et obésité
Pour maigrir: stresser moins et dormir plus

La privation de sommeil est-elle un mal moderne ?

Nous pouvons tous un jour être confrontés à un manque de sommeil. Il se traduit par des troubles de l’humeur (irritabilité, instabilité émotionnelle), une instabilité motrice,  des difficulté à fixer son attention, des troubles de la sensibilité (fourmillements des extrémités, augmentation de la sensibilité à la douleur …), des troubles visuels (picotements oculaires, flous visuels …), des troubles de la pensée (ralentissement de l’idéation, difficultés à assembler les idées, suggestibilité accrue …), des troubles de la mémoire, une sensation de fatigue avec des troubles de la vigilance et une somnolence. Ces troubles disparaissent aussitôt que la personne a pu dormir autant que de besoin.

Les études actuelles montrent une diminution générale du temps moyen de sommeil et plus particulièrement pour certaines classes d’âge. En particulier chez les adolescents on a montré qu’alors que les besoins de sommeil se situent entre 9 et 10 heures par nuit, ils ne dorment que 7 heures 45 en moyenne durant la semaine. Du fait du coucher tardif propre à cette tranche d'âge (15-25 ans), il existe donc une privation de sommeil chez les adolescents contraints de se lever tôt pour suivre leur scolarité, mais ayant une vie sociale conforme aux normes de l’adolescence. Ainsi depuis les années 1970, les adolescents ont perdu en moyenne 2 heures de sommeil par nuit.

La privation chronique de sommeil est également fréquemment retrouvée chez les conducteurs professionnels (surtout chauffeurs de poids lourds)  mais aussi dans d’autres professions naturellement exposées tels que  travailleurs postés (travaillant par postes alternants comme les 3 x 8) et les travailleurs de nuit. La plupart des études montrent que ces travailleurs à horaires décalés dorment en moyenne une à deux heures de moins par 24 heures. Il en résulte une privation chronique de sommeil incomplètement compensée lors des périodes de repos.

Les liens entre sommeil et obésité sont maintenant  bien démontrés. A partir des travaux du groupe de Chicago, dirigé par Eve Van Cauter, il a été établi expérimentalement qu’une privation de sommeil aigue était responsable d’une altération du métabolisme glucidique. Différents travaux épidémiologiques et physiopathologiques ont confirmé l’impact chronique de la durée de sommeil sur différentes voies métabolique impliquant la leptine,  la résistance à l’insuline et la survenue d’un diabète, tout facteur contribuant à une prise de poids et à l’obésité.  Ainsi on peut faire un parallélisme, en particulier aux USA, entre l’épidémie d’obésité et la privation de sommeil.