Un terrain particulier :
Lorsque l’on est d’un naturel anxieux, les pensées sont fréquentes au coucher.
Cette incapacité « à arrêter la machine », comme disent certains patients, relance les systèmes d’éveils. Parfois ce sont des pensées banales : liste des achats à prévoir, lettre à faire pour la maîtresse du petit dernier, réunion à préparer… Mais ce peut être une angoisse pathologique : peur de mourir au cours du sommeil, peur d’être agressé en dormant. Quelle qu’en soit la cause, l’anxiété ou l’angoisse est éveillante. Les mécanismes qui sous-tendent l’éveil et l’anxiété sont de même nature. Il est donc impossible de s’endormir quand on est angoissé. On comprend pourquoi ces situations conduisent souvent à une consommation excessive de médicaments. Seules de fortes de doses d’anxiolytiques ou d’hypnotiques peuvent faire taire cette angoisse pour s’endormir enfin. Malheureusement cet effet est transitoire, c’est pourquoi d’autres thérapeutiques sont souvent nécessaires.
L’âge est à prendre en compte dans l’apparition d’une insomnie.
Naturellement le sommeil se fragilise avec l’âge. Il devient plus léger, plus fractionné, entrecoupé d’éveils qui peuvent atteindre physiologiquement une heure au cours de la nuit à partir de 50 ans. L’insomnie apparaît principalement entre 20 et 30 ans. C’est l’âge de l’entrée dans la vie, des choix professionnels, des concours à passer, de l’arrivée des premiers enfants. Toutes choses qui accroissent la responsabilité de l’individu et sont source de tensions ou d’anxiété. Après la cinquantaine, le nombre d’insomniaques augmente encore. C’est la période de la vie où la fréquence des maladies augmente. L’entrée dans la maladie est inquiétante en soi, mais elle est également source de douleurs ou de désagréments, et parfois d’un véritable handicap.
Les femmes sont toujours plus insomniaques que les hommes avec un rapport de deux femmes pour un homme. Ces différences apparaissent dès la puberté.
Une étude ayant trouvé que les plaintes devenaient identiques chez les personnes âgées, quel qu’en soit le sexe, il était tentant de penser que les hormones sexuelles étaient directement impliquées dans ces différences. Néanmoins, d’autres études continuent à trouver plus de femmes âgées insomniaques que d’hommes. Donc les hormones n’expliquent pas tout ! |